NOËL, SON HISTOIRE

20 décembre 2023

Dans les années 330 alors que l'empereur Constantin officialise la religion chrétienne, l'Église décide d'instaurer une fête    spécifique afin de célébrer la naissance du Christ. Le choix de la date s'inscrit dans un contexte de lutte contre le paganisme. En effet, les Saturnales, fêtes qui célèbrent le dieu des    semailles et de l'agriculture donnent lieu à Rome à des réjouissances débridées entre le 17 et le 24 décembre. Les Romains échangent des cadeaux, des porte-bonheur, des gâteaux et décorent leurs    foyers avec du lierre, des branches de houx et de gui. Le 25 décembre est aussi la fête de Mithra, dieu perse qui symbolise la lumière et la pureté, introduit à Rome par l'empereur Elagabal en    218 et dont le culte devient officiel en 274 sous l'empereur Aurélien. Les adeptes de cette religion diffusée par les légionnaires dans les provinces les plus éloignées de l'Empire, appartiennent    plutôt à l'élite urbaine aristocratique et militaire. Ils célèbrent alors au moment du solstice d'hiver, qui est la période de l'année où les jours rallongent, la renaissance du Sol    Invictus, le "Soleil invaincu". En fixant Noël le 25 décembre, l'Église facilite le passage des coutumes païennes à la foi chrétienne. En 337, le pape Jules 1er est le premier à décréter que    Jésus a vu le jour un 25 décembre. En 506, le concile d'Agde en fait une obligation dogmatique et en 529 l'empereur Justinien déclare la Nativité jour chômé.

L'empereur Aurélien (270-275) a fait du 25 décembre une fête officielle appelée le « jour de la naissance du Soleil invaincu » (du latin dies natalis solis invicti)  


Mais la fête de la Nativité ne    connaît un réel essor qu'au Moyen Âge avec la propagation du christianisme. Le terme même de Noël devient une exclamation de joie, lancée par la foule en liesse lors des grandes occasions :    naissances, baptêmes ou mariages princiers, entrées triomphales des souverains dans une ville. La crèche et la messe de minuit datent aussi de la période médiévale. Très tôt, les premiers    Chrétiens vénèrent le lieu de naissance du Christ à Bethléem et les pèlerins viennent se recueillir dans la grotte et devant la crèche ayant selon la tradition chrétienne abrité l'Enfant Jésus.    Une légende prétend que c'est Saint François d'Assise, provençal par sa mère, qui le premier célèbre une messe de minuit en 1223, devant une étable où hommes et bêtes rejouent la scène de la    Nativité. A partir du XIIIème siècle, les Mystères, ces tableaux vivants qui ont pour thème la vie de Jésus introduisent des crèches dans leurs représentations. 


Crèche vivante à Castiglion Fiorentino, Arezzo  

Par la suite, celles-ci apparaissent à l'entrée et dans le chœur des églises, avant de se répandre, sous une forme    miniaturisée dans les foyers. Dès le XVIIIème siècle, les religieuses fabriquent des niches vitrées dans lesquelles elles créent des scènes représentant la Nativité. Elles sont composées de    petits personnages en verre filé ou en porcelaine. L'apparition de sujets modelés en mie de pain, en cire ou en argile permet leur diffusion dans toutes les régions de France. Inspirée par la    tradition napolitaine des presepio (crèches), la Provence invente les santons (du provençal "santoun" petit saint). Dès la période pré-révolutionnaire, les églises s'ornent de crèches    offertes à la dévotion des fidèles au moment de Noël.

La Révolution supprimant les lieux de culte, les modestes figurines en terre crue ou cuite permettent de réaliser à la maison les crèches que    l'on ne peut plus admirer dans les sanctuaires.

 Pour les croyants la messe de Minuit avec le rite du pastrage (offrande des bergers) et les chants de Noël    représentent le pinacle des festivités. Les plus anciens datent du XVème siècle. Ils ont été popularisés grâce aux bibles de Noël, recueils de cantiques vendus par les colporteurs du XVIème au    XIXème siècle. Il ne faut pas oublier de citer les Pastorales qui sont des sortes de pièces chantées qui content la Nativité.

Quant au sapin, il faut attendre la fin du XIXème siècle pour le voir s'imposer en France.


(Le saviez-vous ? À l'origine, le Père Noël, d'origine nordique et personnage débonnaire à la barbe blanche qui apportait des cadeaux aux enfants sages était habillé de vert. C'est en 1931 que la firme Coca-Cola s'en empara et en fit un bonhomme ventru tout de rouge vêtu.)
Sources : Hors-série Historia décembre 2011 et Les Objets de Provence de Rémi Venture aux Editions du Chêne